Capillarité dans le céleri : Différence entre versions

Ligne 11 : Ligne 11 :
 
}}
 
}}
 
{{Introduction
 
{{Introduction
|Introduction='''Comment l'eau, les minéraux, les polluants circulent-ils dans les végétaux ? Est-ce uniquement un phénomène pysique dû à la capillarité ou y-a-t-il autre chose ?'''
+
|Introduction='''Comment l'eau, les minéraux, les polluants circulent-ils dans les végétaux ? Est-ce uniquement un phénomène physique dû à la capillarité ou y-a-t-il autre chose ?'''
 
}}
 
}}
 
{{Materials
 
{{Materials

Version du 18 février 2026 à 18:44

Auteur avatarGaëlle IDF | Dernière modification 18/02/2026 par Geneviève

Capillarit dans le celeri 3.jpg
Grâce à leurs racines, les végétaux puisent dans le sol l'eau et les minéraux nécessaires à leur croissance. De la même façon, ils filtrent différents polluants présents dans le sol et les eaux usées (pesticides, surplus de nitrate, de phosphate...). Certaines plantes sont également capables d'extraire et d'accumuler des métaux lourds (cuivre, mercure, zinc, fer, plomb…) ! Mais est-ce dû à la capillarité ?
Licence : Attribution (CC-BY)

Introduction

Comment l'eau, les minéraux, les polluants circulent-ils dans les végétaux ? Est-ce uniquement un phénomène physique dû à la capillarité ou y-a-t-il autre chose ?

Étape 1 - Réunir le matériel

Pour commencer, rassemble le matériel nécessaire à l'expérience :

- un verre

- une planche à découper

- un couteau

- de l’eau

- du colorant alimentaire de couleur vive (rouge, bleu ou vert) ou de l’encre rouge ou bleu foncé

- une branche de céleri avec des feuilles

- 2 sacs en plastique transparents

- 2 élastiques


Si tu as, tu peux utiliser aussi :

- 2 verres

- de l’argile en poudre

- du sel

- du papier essuie-tout



Étape 2 - Préparer l'expérience

- Ajoute du colorant alimentaire ou de l’encre dans un verre d’eau.

- Fais tremper la branche de céleri dans l’eau colorée.

- Avec un sac plastique, enferme hermétiquement une feuille attachée à la branche de céleri à l’aide d’un élastique.

- Enferme juste de l’air avec un autre sac et ferme-le hermétiquement, de la même façon.

- Observe régulièrement le céleri et les sacs plastiques.

- Attends le lendemain pour réaliser la suite de l’expérience.

Étape 3 - Réaliser la manipulation

Demande à un adulte de t'aider
- Sur la planche à découper, coupe une petite lamelle du bas du céleri à l'horizontale puis une autre lamelle à la verticale. Que remarques-tu ?

- Observe les feuilles du céleri : que vois-tu ?

- Observe  également les deux sacs plastiques. Que se passe-t-il sur leurs parois ? Voit-on la même chose sur les parois des deux sacs ? Pourquoi ? À quoi sert le sac vide ?


Tu peux compléter cette expérience en la reproduisant avec des fleurs blanches. Après les avoir trempées quelques jours dans l’encre ou le colorant alimentaire, tu pourras voir les pétales se colorer !

Étape 4 - Pour aller plus loin

Découvre le rôle des racines :

- Dépose de l’argile en poudre dans un verre et mélange-la avec du sel.

- Verse de l’eau pour obtenir un mélange liquide (ce mélange représente la terre d’un sol).

- Tords une bande de papier essuie-tout et plonge-la dans ce mélange (cette bande de papier représente une racine d’une plante).

- Fais pendre l’autre bout de la bande de papier essuie-tout au-dessus d’un verre vide (qui représente la plante).

- Au bout d’1 heure, trempe ton doigt dans l’eau qui s’est déversée dans ce verre. Quel goût a-t-elle ?

- Si tu ne veux pas goûter l’eau, tu peux la laisser s’évaporer, puis observe ce qu’il reste au fond du verre !



Comment ça marche ?

Observations : que voit-on ?

On observe que :

Étape 3 :

  • les nervures du céleri commencent à se colorer. Au fil du temps la coloration va s'étendre tout le long de la branche.
  • sur la lamelle coupée à l’horizontale, des petits ronds de couleur apparaissent et sur la lamelle coupée à la verticale, on observe des lignes de couleur.
  • sur la branche de céleri, les feuilles sont tachées de points de couleur. Suivant la condition dans laquelle le céleri se trouve, la coloration des feuilles peut prendre 1 à 2 jours.
  • des petites gouttes d'eau transparentes (non colorées) apparaissent à l'intérieur du sac qui entoure la feuille. Un peu de buée peut apparaître dans le second sac qui ne contient que de l'air.


Étape 4 :

  • L'eau que l’on goûte est salée !
  • Ou on observe des traces de sel dans le verre, une fois l’eau évaporée !

Mise en garde : qu'est-ce qui pourrait faire rater l'expérience ?

  • Il faut qu'il y ait une quantité assez importante de colorant ou d'encre pour que l'expérience fonctionne correctement.


  • Pour que l'expérience se fasse plus rapidement, il est préférable d'assécher d'abord le céleri en le plaçant, par exemple, au soleil pendant 1 ou 2 heures. Le céleri sera alors déshydraté et l'observation sera plus rapide (environ 1h30).

Explications

Étape 3

  • La coupe horizontale montre des petits ronds colorés, la coupe verticale, des lignes colorées : l'eau colorée a été transportée par les petits tubes contenus dans la plante, appelés « vaisseaux conducteurs ». Et pourtant le colorant ne s'est pas étalé "partout". Cela démontre que ce qui circule dans la plante est "contrôlé" par la plante, ce qui se produit n'est pas uniquement un phénomène physique.
  • La buée observée dans le second sac plastique est formée par l'air emprisonné. Ce sac sert de témoin à l'expérience. Les gouttes observées dans l'autre sac, plus nombreuses et plus grosses, proviennent un peu de la buée (comme dans le sac témoin), mais surtout de la feuille. L'eau s'évapore donc des feuilles dans l'air : c'est la transpiration de la plante. Ces gouttes d'eau sont transparentes : le colorant ne s'est pas évaporé.


Étape 4

  • Le papier a absorbé l'eau dans le mélange du premier verre, qui s'est déversée dans second verre. Dans son trajet, l'eau a entraîné avec elle tout ce qui pouvait passer par les trous minuscules du papier. C'est pourquoi nous retrouvons un peu d'argile à la base du papier, mais ensuite elle disparaît progressivement. Le sel, lui, est passé avec l'eau. On retrouve le sel dans le second verre. Cela démontre que les racines des plantes "trient" ce qui entre et ce qui sort de façon beaucoup plus précise et fine qu'un simple morceau de papier ou l'eau circule grâce au phénomène de capillarité (qui lui même est lié au phénomène de tension superficielle).


La transpiration couplée à la capacité de tri des tissus de la plante permet à l'eau de circuler à travers les plantes et d'être évaporée dans l'atmosphère. La plante peut ainsi se nourrir, et dans certains cas capter certains polluants (ce qui se produit alors dépend de l'espèce que l'on étudie et du polluant en question).

Lorsqu'une espèce est capable d'absorber des métaux lourds et de les accumuler dans ses feuilles sans en mourir, on dit qu'elle est "hyperaccumulatrice" (voir ici). Certaines plantes sont capables d'accumuler du nickel, d'autres de l'arsenic, d'autres encore du cadmium... (voir ici).

Plus d'explications

Cette expérience montre qu'une plante se nourrit grâce à des phénomènes couplés : la capacité de la plante à "trier" ce qu'elle veut bien laisser circuler et ce qu'elle bloque, et la transpiration.

  • La tige des fleurs et des plantes est constituée de plusieurs canaux minuscules (les vaisseaux conducteurs). Chaque petit vaisseau est relié à une partie précise d'un pétale ou d’une feuille. Ainsi, les vaisseaux qui plongent dans l'eau colorée conduisent cette eau à toutes les extrémités des plantes (feuilles, fleurs).
  • De plus, l’eau est évacuée au niveau des feuilles sous forme de vapeur (elle s'évapore) : cela assure la montée de l’eau au sein de la plante.  


À ces phénomènes s’ajoute l’osmose. L'osmose, c'est ce phénomène physique qu'on observe qu'une substance va toujours "du plus concentré" vers "le moins concentré" à travers une membrane semi-perméable.

Si l'on met une goutte de colorant dans un verre d'eau puis qu'on le laisse reposer quelques heures, quand on revient, le colorant a envahi tout le verre d'eau de façon homogène. Cela, c'est la diffusion. Une partie du colorant a quitté la zonne de l'eau où il était très concentré pour aller là ou il l'est le moins, jusqu'à ce que tout soit égal partout.

Maintenant nous séparons le verre d'eau en deux avec une membrane et on ajoute une goutte de colorant d'un seul côté. Là il est possible d'obtenir deux résultats différents en fonction des caractéristiques de la membrane :

1 - le colorant reste d'un seul côté : cela signifie que la membrane est imperméable

2 - le colorant diffuse du côté coloré vers le côté non coloré : cela signifie que la membrane est perméable

Il existe des membranes "semi perméables" : cela signifie qu'elles laissent passer certaines choses, et pas d'autres. On peut imaginer une membrane semi perméable qui laissera passer le colorant rouge, mais pas le bleu. Ou alors une membrane qui laissera passer le colorant rouge dans un sens, mais pas dans l'autre. Ou alors une membrane qui laissera passer l'eau, mais pas le sel. Dans ce dernier cas, il est même possible de voir des choses amusantes comme en realisant cette expérience avec des oursons en gélatine.

La racine se comporte comme une membrane semi perméable, elle est capable de laisser entrer certaines choses, et pas d'autres. Cette capacité est soigneusement régulée par la plante en fonction de ses besoins. Dans certains cas, les plantes sont même capable d'aller contre l'osmose, c'est à dire que leurs racines vont pomper des éléments pour les faire rentrer (alors qu'ils sont plus concentrés à l'intérieur), ou les rejeter (alors qu'ils sont plus concentrés à l'extérieur).


C'est ainsi que les plantes peuvent se nourrir et rester en bonne santé même si elles ne se déplacent pas : elles trient ce qui entre et ce qui sort... dans la limite du raisonnable ! Si les conditions extérieures dépassent ce que la plante est capable de gérer, alors commencent à entrer ou manquer des éléments qui lui posent problème. Là, elle est en danger, elle est en mauvaise santé. Et si cela va trop loin, elle meurt. Un cactus est capable de résister à une très grande sécheresse car il est ultra performant pour capter et garder son eau (par contre il ne sait pas résister au trop d'eau).

Applications : dans la vie de tous les jours

Selon leur fonctionnement, les végétaux filtrent des polluants minéraux (nitrates...), organiques (pesticides...) et parfois des métaux lourds (cuivre, mercure, zinc, cadmium, fer, plomb...). Certaines plantes (tournesol, pissenlit, colza, orge, ortie, peuplier...), « hyper accumulatrices » d'un ou plusieurs métaux lourds, sont utilisées dans la décontamination de sols pollués. À maturité, elles sont récoltées, incinérées, et une partie des métaux peut être retraitée, puis réutilisée.


Les nombreux micro-organismes (champignons et bactéries) qui se développent autour des racines des plantes sont d'un grand secours dans la dégradation des polluants de l'eau et du sol, dont les hydrocarbures. La qualité de l'eau et des sols est donc préservée grâce à la biodiversité (végétale et microscopique).


C'est pourquoi aménager un couvert forestier près des rivières et des sites de prélèvement pour l'eau potable est un excellent moyen d'en limiter la pollution. En plus de filtrer les polluants, la litière forestière limite la pollution de l'eau en bloquant les sédiments et réduisant l'érosion des sols.


C'est par exemple le cas pour la ville de New York (USA) qui a revu sa gestion de traitement des eaux. Elle a restauré et protégé 5000 km² de vallées cultivées et de montagnes couvertes de forêts, pour garantir durablement la bonne qualité de l'eau qui alimente la ville. Et le tout pour un investissement de 1,5 milliard de dollars, alors que la construction d'une usine de traitement des eaux aurait coûté entre 6 et 8 milliards de dollars ! La nature fait parfois beaucoup économiser !

Vous aimerez aussi

Eponge contre inondation

Plantes au secours du sol et des dunes

Group:Services écologiques : zoom sur la pollinisation

Le trombone qui flotte (lien avec la tension superficielle)

Le poivre fuyard (lien avec la tension superficielle)

Éléments pédagogiques

Objectifs pédagogiques

Découvrir comment l'eau circule dans les végétaux.

Sources et ressources

Mallette « Biodiversité » APD/MNHN - Parcours 3 - Activité 7 (Quand les végétaux se chargent de la pollution). 2011.

Les échanges d'eau par la plante. http://s1.e-monsite.com/2009/04/28/20088206absorption-de-l-eau-pdf.pdf

Dernière modification 18/02/2026 par user:Geneviève.

Commentaires

Published